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Lettre d’information semestrielle - aout 2026

La lettre d’info de l’été pour anticiper votre rentrée sereinement, avec toutes les clés en main.

Synthèse

Synthèse

Les marchés boursiers mondiaux bénéficient d’une forte progression attendue des bénéfices des entreprises cotées en 2026. Cette hausse ne concerne pas uniquement l’intelligence artificielle : l’énergie, les banques européennes et japonaises contribuent également aux bons résultats.
La croissance des bénéfices témoigne de la résilience de l’économie mondiale malgré le choc iranien et les tensions géopolitiques. La hausse des taux longs américains est une normalisation largement cohérente avec la croissance potentielle de l’économie.
Les investisseurs restent toutefois préoccupés par les déficits budgétaires, le financement de l’IA, l’inflation énergétique, le dollar et les futures
orientations de la Fed.

1. Des résultats d’entreprises particulièrement solides

La saison des résultats, qui arrive à son terme, alimente l’optimisme des investisseurs. Sauf mauvaise surprise au second semestre, les analystes prévoient une progression de 25 % des bénéfices par action en 2026 pour l’indice MSCI Monde ce qui représente une progression inédite !

Cette hausse spectaculaire est en partie tirée par les secteurs associés au développement de l’intelligence artificielle, notamment :
-les semi-conducteurs ;
-les entreprises bénéficiant de l’augmentation des investissements dans l’IA ;
-plus largement, les secteurs technologiques américains.

Cependant, les bonnes nouvelles ne se limitent pas à uniquement à l’IA, d’autres secteurs affichent de belles progressions on retiendra en particulier :
- Énergie : les bénéfices ont été soutenus par la crise en Iran et par le contexte de tensions sur les prix de l’énergie.
- Banques européennes et japonaises : leur rentabilité continue de s’améliorer. Leur poids important dans les indices européens et japonais renforce leur contribution aux performances régionales.

Les autres secteurs, même en dehors de ces domaines particulièrement favorisés, affichent également des performances notables, la
progression des résultats demeure globalement impressionnante. Pour l’ensemble des 1 500 entreprises composant le MSCI Monde, la hausse
médiane des bénéfices par action devrait atteindre 15 % en 2026. Cela signifie que la progression ne repose pas seulement sur quelques très grandes entreprises : une part importante des sociétés affiche également une amélioration notable de ses bénéfices.

2. Une économie mondiale qui fait preuve de résilience

La progression généralisée des bénéfices est interprétée comme le signe d’une bonne résistance de l’économie mondiale. Cette résilience s’observe malgré le choc iranien, qui aurait pu peser sur l’activité économique, les coûts de l’énergie et la confiance des entreprises. Elle est également confirmée par les bons indicateurs PMI publiés en août dans les pays développés.

Les indices PMI mesurent notamment :
 le niveau d’activité des entreprises ;
 les nouvelles commandes ;
 l’emploi ;
 les perspectives économiques ;
 le climat général des affaires.

Les indicateurs PMI du mois d’août montrent que le climat des affaires reste solide dans le monde développé.

3. Une amélioration de la rentabilité liée à la maîtrise des coûts

La progression des bénéfices ne s’explique pas seulement par une augmentation du chiffre d’affaires. Elle reflète aussi une meilleure maîtrise des coûts, en particulier des coûts salariaux.
Des analystes de Goldman Sachs ont observé que les entreprises américaines cotées n’avaient jamais été aussi peu nombreuses à citer le coût du travail comme une préoccupation majeure.

Ce constat peut sembler surprenant dans un contexte où :
 le taux de chômage reste relativement faible ;
 le marché du travail demeure tendu ;

Dans ces conditions, les entreprises devraient normalement subir des pressions salariales. Et pourtant les données macroéconomiques semblent toutefois confirmer cette évolution. Aux États-Unis, les coûts unitaires de travail diminuent. Cette baisse serait permise par deux facteurs principaux. D’une part la progression de la productivité, qui permet de produire davantage avec une même quantité de travail et d’autre part la modération des salaires, qui limite la hausse du coût du travail par unité produite. Cette combinaison contribue à soutenir les marges bénéficiaires des entreprises.

4. La hausse des taux longs est cohérente avec la croissance

Dans un contexte de croissance économique et de bénéfices élevés, le niveau actuel des taux d’intérêt à long terme n’est pas particulièrement surprenant, il est même cohérent ! Les économistes de la Commission européenne estiment, en se fondant sur d’une part les tendances démographiques prévisibles et d’autre part sur la productivité attendue aux États-Unis, que la croissance potentielle américaine serait supérieure à 2 %.
Parallèlement, le taux réel à dix ans des obligations du Trésor américain indexées sur l’inflation s’établissait à 2,3 % au 21 août. On peut donc considérer que ce niveau est cohérent avec les estimations de croissance potentielle. Autrement dit, les taux réels à long terme ne sont pas nécessairement excessifs.
Les taux long Américains reflètent en partie une économie capable de générer une croissance relativement élevée.

5. Une normalisation des taux après une longue période exceptionnelle

Nous rappellerons ici que les taux avaient été maintenus très bas pendant une longue période, notamment en raison, d’un fort sous-emploi, des conséquences économiques de la pandémie de Covid-19 de des politiques monétaires très accommodantes voire laxistes.
Depuis 2023, la remontée des taux longs américains n’est donc qu’une normalisation logique et saine.

Cette normalisation semble désormais largement achevée. Les taux auraient retrouvé des niveaux plus compatibles avec:
-la croissance potentielle ;
-les perspectives de productivité ;
-les conditions économiques générales.

Ainsi il faut relativiser la hausse des taux longs même si les marchés financiers restent nerveux sur le sujet car les taux élevés ne favorisent pas les actions.

6. Les principales sources de nervosité des marchés financiers

En effet malgré de bons résultats d’entreprises, plusieurs facteurs continuent d’inquiéter les investisseurs, on développera dans l’ordre :

a. Le déficit budgétaire américain,
b. Le financement par la dette de l’IA
c. Les tensions géopolitiques
d. La méfiance à l’égard du dollar
e. La politique de la Fed

a. Le déficit budgétaire américain
Le déficit budgétaire structurel des États-Unis est décrit comme historiquement élevé. Cette situation peut entraîner :
-une augmentation des émissions obligataires ;
-une pression à la hausse sur les rendements des obligations ;

-une inquiétude concernant la soutenabilité des finances publiques ;
-une réduction de la demande pour les titres américains.

b. Le financement obligataire de l’intelligence artificielle
Le développement rapide de l’IA nécessite d’importants investissements, recherche et développement, énergie, stockage, composants
électroniques, transport, data center… Une partie de ces investissements est financée par l’endettement obligataire or ce boom pourrait
provoquer :
-une hausse de l’offre d’obligations;

-une pression supplémentaire sur les taux longs;
-des interrogations sur la rentabilité future des investissements en IA;
-un risque de concentration du financement autour d’un même thème technologique.

c. Les tensions géopolitiques et énergétiques
La situation au Moyen-Orient, notamment les tensions autour de l’Iran et du golfe Persique, ravive les craintes d’une hausse des prix du
pétrole et du gaz, or une énergie plus chère pourrait alimenter l’inflation, réduire le pouvoir d’achat des ménages, augmenter les coûts des
entreprises, compliquer la politique monétaire des banques centrales.


d. La méfiance à l’égard du dollar
Le dollar est une monnaie de réserve et est principalement utilisée pour l’achat de pétrole cette position et cet avantage sont de plus en plus
contestés. C’est encore à ce jour le mode de financement du déficit budgétaire américain, mais une défiance envers le dollar s’installe. Une
baisse de la confiance dans la monnaie américaine pourrait réduire l’attrait des actifs libellés en dollars, notamment des obligations du Trésor.
Cela pourrait contribuer à maintenir les taux américains à un niveau élevé.

e. Les incertitudes concernant la Réserve fédérale
Les investisseurs se posent également des questions sur l’orientation future de la politique monétaire américaine Ainsi l’évolution des taux
dépendra notamment de la manière dont la Fed évaluera :
-l’inflation ;
-la croissance ;
-le marché du travail ;
-les tensions financières ;
-les risques liés aux prix de l’énergie.

7. Les mesures prises par le secrétaire américain au Trésor

Face à la pression vendeuse sur les obligations américaines à long terme, le secrétaire au Trésor Scott BESSENT cherche à réduire les tensions sur la partie longue et très longue de la courbe des taux. Une première action a consisté à agir sur le yen pour le faire remonter.

L’objectif serait d’éviter que les autorités ou investisseurs japonais ne vendent des obligations américaines afin de soutenir leur monnaie. En effet une vente importante de Bons du Trésor par les Japonais aurait pu accroître l’offre d’obligations américaines sur les marchés et faire baisser leur prix.
D’autre part le Trésor Américain a annoncé le doublement des rachats d’obligations à long terme. Ces rachats seraient financés par l’émission de bons du Trésor à court terme. Cette opération vise à modifier la composition de la dette américaine, moins de pression sur les titres à long terme et davantage d’émissions à court terme.

Ces mesures peuvent en effet réduire temporairement les tensions, mais elles ne remplacent pas des réponses plus fondamentales :

Sur la politique budgétaire américaine,
Les investisseurs attendent davantage de visibilité sur la manière dont les États-Unis comptent gérer leur déficit structurel et leur endettement
en évitant si possible une nouvelle augmentation des droits de douanes.

Sur la politique monétaire de la FED,
Les marchés surveilleront les indications concernant l’évolution future des taux de la Fed. Le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole, le 28
août, est un rendez-vous important à surveiller et analyser.

Sur les flux de pétrole et de gaz,
Les investisseurs chercheront également à déterminer si les tensions dans le golfe Persique auront un impact durable sur l’approvisionnement
énergétique et les prix du pétrole et du gaz.

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Conclusion

D’un côté, les marchés bénéficient d’un environnement favorable :

  • bénéfices en forte hausse ;
  • bonne résistance de l’économie mondiale ;
  • amélioration de la rentabilité ;
  • maîtrise des coûts salariaux ;
  • croissance soutenue par l’IA et certains secteurs cycliques.

De l’autre, la situation financière demeure fragile :

  • hausse des taux longs ;
  • déficit budgétaire américain record ;
  • incertitudes sur le financement de l’IA ;
  • tensions énergétiques et géopolitiques

À mon sens la hausse des taux longs peut être économiquement justifiée par la croissance, mais les marchés restent vulnérables à des facteurs financiers, budgétaires et géopolitiques. L’attention des investisseurs se déplacera principalement vers ces sources d’incertitude. Le maître mot dans ce contexte est la diversification.

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